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Affichage des articles du 2006

The End

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Il allait même jusqu'à affirmer, avec une violence croissante, qu'un talent intègre, dans une époque comme la nôtre, dont les racines mêmes sont pourries, a le devoir de s'abstenir. Mais il y avait un point où il se trahissait : alors même que des affirmations aussi catégoriques sortaient de sa bouche, on entendait de plus en plus fréquemment sortir de sa chambre des echos de Wagner [...] Lorsqu'il lâchait la plume ou le crayon, qu'il venait de prendre en main, c'était maintenant comme un sublime sacrifice.
ROBERT MUSIL

SURVIVRE...

Nous estimons fort important qu’une personne soit de droite ou de gauche, de tempérament libéral ou conservateur, apôtre de la libre entreprise ou du socialisme. Nous ne voyons pas que, très souvent, nécessité fait loi, enjoignant à chacun d’agir de la même façon- ou à quiconque s’inquiète de survivre.John Kenneth GALBRAITH. Le Temps des Incertitudes.
-Taxi !
L' homme, barbu, freina net. Je montai et lui indiquai ma Destination. Si, sur le coup, m’avait-on demandé pourquoi avoir tant appuyé sur l’amorce du mot « destination », prononcé en majuscule, à supposer que la chose était possible , de rendre donc les lettrines ainsi oralement, je ne saurais quoi dire, mais maintenant que j’y pense, ce devait être l’assurance avec laquelle l'homme roulait-il et surtout la vitesse : à tombeau ouvert, son inénarrable barbe y était aussi et même pour beaucoup dans l’étrange sentiment qui m’assaillit alors, fait d’insécurité et de peur . Le discours que débitait une voix ferrugineuse depuis u…

9UIDER, UN ANABAPTISTE DE CHEZ NOUS

Le poison, c’est l’apparition goutte à goutte de nouvelles conceptions en morale, en art, en politique dans le sein de la famille, les journaux, les livres et les relations sociales. Robert MUSIL
-Sans être chrétiens, nous autres Marocains, nous sommes d’authentiques anabaptistes ! Disait l’homme, un sexagénaire au blanc-bec qui voulait lui apprendre comment un bon musulman se doit de faire pour accomplir sa prière : la paume de la main droite sur le revers de la main gauche, orteil contre orteil, en rangées serrées pour ne laisser au Satan le loisir de se mettre entre eux, ainsi qu’il le réclamait je ne sais plus quel cheikh sur une K7… Sauf qu’aux yeux du vieux, il y avait dans la façon de faire du jeune homme quelque chose de désobligeant, de transcendantal. Une façon qu’il devait certainement à son modeste niveau d’instruction qu’il voulait accommoder, coûte que coûte, avec un certain prosélytisme religieux de plus en plus ambiant, à la prédication. Ce qui revenait à dire, pour le…