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La foi retrouvée !

Je ne lis plus ou alors le journal des fois, au café quand il est laissé sur une table parce qu’un cruciverbiste l’y a laissé et que plus personne n’en veut, sa grille de mots fléchés étant faite et la chronique, quand si c’est Assabah, de Rachid Nenni coupée … juste le temps de réaliser que là encore les jeux son faits - les miens bien sûr. Je me perds en conjectures, mon sport préféré : Je me représente alors mais mentalement ce que serait le journal imaginaire marocain, son staff, sa ligne éditoriale... j’y mets le même zèle que d’autre pour le musée imaginaire. J’en trie donc sur le volet : Pour les mots fléchés ce sera Abou Salma, pour la chronique Rachid Nenni, ... Des fois il m’arrive de m’en acheter un. Je me presse alors de le ranger sous l’aisselle droite en sachant pertinemment que je n’en lirai pas une ligne, parce que sous l’autre aisselle se tient tranquille un kil. Une signe d’embourgeoisement qui ne tire pas à conséquence et qui me donne la fausse satisfaction de ne ...

La Dive Bouteille

Ou le nouveau concept de l'Autorité Deux SDF buvaient sur la place publique, face à une importante administration de la ville. Un policier les regardait faire depuis sa guérite sans réagir, l'air plus que débonnaire …Les deux hommes ne demandaient pas plus, effectivement : boire en paix. Et ils s’y tiendraient bien, dans cette façon d’être dans le monde, inoffensive et bon enfant, n’était-ce la façon qu’ils avaient de se débarrasser des bouteilles vides. Chaque fois que l’un d’eux en finissait une, Il jetait la consigne vers une poubelle qui se tenait debout comme pour les narguer, à une dizaine de mètres d’eux, sans jamais l'atteindre… . Et à chaque fois que l’essai s’avérait non concluant, à chaque coup manqué donc, tout le temps, le policier sortait de sa guérite pour rectifier le tir : il prenait alors la bouteille, en principe objet de délit, et au lieu de verbaliser cet écart de conduite, l’agent se contentait de la jeter à la poubelle, le plus civiquement d...

Du CFG25 et d' El Heimer

Voilà : parce que notre économie nationale est tributaire d’un certain nombre de facteurs économiques que notre premier ministre n’arrive toujours pas à maîtriser , ni à quantifier et encore moins à prévoir pour sa Déclaration de Politique Générale ainsi que nos économistes, nos futuribles et nos financiers sans visibilité aucune pour les mêmes raisons donc, les impondérables dont: précipitations pluviométriques incertaines, nombre de touristes à venir chez nous pour tabler dessus, idem pour nos RME… cet état de chose me donne à voir notre El Heimer, vous connaissez ? la personnalité de base marocaine, ce fellah du Gharb qui se réveillant par une belle matinée printanière n’arrivait pas à croire ses yeux : son champ de blé était bien portant, plein de vie, parce que la pluie était au rendez-vous cette année-la, présageant du coup une bonne moisson à venir. Il aurait, se disait-il, le loisir de faire la fête le restant de l’année. Il marierait d’affilée ses trois fils et ses quatre fill...

CHERKI, l'Homme du Possible Marocain

« Toutes les possibilités que contiennent, par exemple, mille marks, y sont évidemment contenues, qu’on les possède ou non ; le fait que toi ou moi les possédions ne leur ajoute rien plus qu’à une rose ou à une femme […] à la beauté même d’une femme, on ne peut nier que celui qui la possède ajoute ou enlève quelque chose. C’est la réalité qui éveille les possibilités, et vouloir le nier serait parfaitement absurde » Robert Musil Je n’y croyais vraiment pas jusqu’au jour où j’ai pu enfin le voir s’accomplir sous mes propres yeux : Cherki, l’homme du possible marocain. Il cultivait les mêmes habitudes que moi, le même coin de paradis donc, mais avait en plus une certaine plus-value bacchanale : une certaine façon de boire qui tranchait avec celles des autres, tous les autres je veux dire : L’homme alternait du vin rouge avec de la bière. Non pas indifféremment, mais tour à tour, scrupuleusement, comme devant du papier à musique. C’était là, en quelque sorte, son style, et sa façon d’êtr...

KHOUK ANA

Arra3i wa Arra3ia Quand je change de bar, c'est pour aller le voir à l'autre bout de la ville, tout à lui, seul, dans un autre bar... Lui et appelons-le Khouk-Ana parce qu'il aime à se prénommer ainsi, n'en déplaise à ses parents qui avaient immolé voilà quarante ans deux moutons au septième jour après sa naissance, en souvenir d'un lointain aïeul. Le prénom, Seif Eddine, que les parents voulaient grandiose à l'image de l'érudit ancêtre devenait avec l'âge un non sens aux yeux de Khouk-ana . la blessure du nom propre, comme dirait l'autre. A l'université, l'homme dût passer un coup de vernis à son athéisme, lui fixant sa couleur finale. Depuis, le prénom initial ne cadrait plus avec son horizon intellectuel, par trop sanguinaire (Seif Eddine : Glaive de la Religion) et , ainsi qu'il aimait à me dire, s'il rencontrait des brebis égarées sur son chemin la première idée qui lui effleurerait l'esprit serait ,avec un prénom pareil, d...

LA METAMORPHOSE

Mais son mal lui posait sur les yeux comme un voile de tendresse humide quand, comme elle aimait à dire avec une froide objectivité, elle éprouvait de "l'inclination" pour cet homme. Lasse d’être quotidiennement violentée par Mr. Jilali, son homme, Mme. Drissia finit un beau jour par aller voir Sidi El Ghazouani le charlatan attitré de tout le douar pour un quantième grimoire. Ce dernier, pour avoir été consulté à cet effet inutilement et à plusieurs reprises, finit lui aussi par être las, exacerbé par la sauvagerie du mari et fit du bonheur conjugal de sa patiente, Drissia, une question d’honneur personnel, l’acte majeur de son accomplissement moral, en tant que Fquih. Et pouvait-il faire autrement ? Lui ? Sidi El Ghazouani à voir ainsi et sa baraka et sa réputation mises en équation par Drissia, la langue du village la plus déliée … L'homme écouta non sans intérêt les doléances de la femmme battue et avant même que d'y aller avec son remède approprié, lui demand...

LA TRANSACTION

le mot séraphique n'est sans doute pas trop gros pour exprimer le fait que l'on supporte son prochain non seulement physiquement, mais encore que l'on puisse, si j'ose ainsi parler, le tâter à travers son pagne psychologique sans frémir! Robert Musil Ils étaient quatre à la table N° 3, à s’envoyer du vin rouge par-delà la pomme d’Adam quand une fillette d’à peine 16 ans venait leur proposer sa marchandise, des gadgets chinois pour l’ensemble. Le plus ivre des quatre, le plus grisonnant aussi, ne trouva alors aucune gêne pour lui poser comme à sa bourgeoise la main sur le nombril et de dire, tout à fait sûr de lui, avec un sourire qui nous revient de droit à nous autres ivrognes : Il doit être dans les 3 mois, ton bébé ! Tu nous inviteras à son baptême n’est-ce pas ? D’un geste prompt, elle lui ôta la main de dessus son brioche, ramassa les quelques articles alors sur la table, et lui répondit, empruntant le même ton que lui, le singeant à merveille, ...